Votre vie a-t-elle du sens ?

J’ai toujours apprécié la philo, il faut dire que ma prof de lycée aurait pu me faire aimer n’importe quoi ! Dernièrement, ma copine m’a posé une question qui m’a laissé de marbre : « Ta vie a-t-elle du sens ? » Autrement dit : « es-tu heureux de faire ce que tu fais ? »

Pour éviter de vous faire patienter, j’ai répondu : NON !

J’exerce un métier inconnu : consultant SEO. Quoi de plus sympa pour se la péter en société ? Pourtant en soirée, tu es toujours obligé d’expliquer ton job et personne ne le comprend. D’ailleurs en réalité tout le monde s’en fout car personne ne veut en savoir plus.

Ma vie est dénuée de sens car mon job ne fait tout simplement pas progresser la société et les gens qui m’entourent. Mon seul objectif, quand je me lève le matin, c’est de faire ranker les sites de mes clients sur Google. Si je vais un peu plus loin, on peut dire que j’essaye de faire gagner de l’argent à mes clients. Tu parles que ça, ça donne du sens ma vie !

L’autre partie de mon job consiste à monter des sites personnels pour gagner encore plus d’argent :

  • Je monte un site,
  • Je l’optimise
  • Je mets du contenu (qualité ou bouillie on s’en fout un peu)
  • Je vais chercher 2-3 liens
  • Je monétise
  • Et je fais vivre ce site qui n’a aucun sens !

Maintenant, je vais te dire un truc, j’adore ma vie et mes nouvelles aventures d’entrepreneur, j’adore mon job, j’adore le SEO, mais putain : il manque un truc à ma vie. En tout cas, ma vie n’a pas encore trouvé CE sens qui me permettrait de dormir l’esprit léger.

Quand je parle de mon job, je parle souvent de projet, de contrat, trop souvent d’argent, parfois de réussites et d’échecs, mais rarement de satisfaction collective et personnelle. C’est peut-être ambitieux, mais j’ai envie d’aller plus loin et d’apporter du sens à ma vie qui est rythmée par le travail (il est peut-être là, le vrai problème). Je veux monter un ou plusieurs projets en me respectant, en respectant mes valeurs et ayant le sourire du début à la fin !

Pourtant, il y a des personnes inspirantes dans notre vie :

  1. Nelson Mandela : le mec imposait tellement de respect que personne ne le remettra jamais en cause.
  2. A plus petite échelle, il a des gens comme Béatrice Gherara ou Germain Butrot qui m’inspire et que je respecte énormément pour ce qu’ils font et ce qu’ils sont. Ils ont lancé des projets, avant tout, par passion. Ils ne seront peut-être jamais milliardaires avec Kokoroé ou Footpack mais leur projet respectif a du sens et ils prennent du plaisir à le développer jour après jour.
  3. Ces gens qui aident d’autres gens. J’ai toujours été mauvais pour ça, parfois même égoïste. Pourtant je suis en admiration devant ces bénévoles ou ces personnes qui participent à des projets qui font avancer la société et les personnes qui la composent.

J’aurai pu m’arrêter là, mais deux billets sont arrivés coup sur coup dans notre belle communauté SEO.

Le premier est l’œuvre de Laurent Bourrelly qui relate ses 10 années dans le référencement. A l’entendre, c’était bien avant. Aujourd’hui, Laurent semble essoufflé mais je me trompe peut-être. Pourtant, 10 ans c’est court et du coup ça fait peur.

Le deuxième billet est à lire chez Bertimus : Et toi, le SPAM, tu le vis comment ? Un billet honnête de la part d’un spammeur qui peut finir sa vie avec ce qu’il a récupéré via Google mais lui aussi commence à se poser des questions. Moi aussi je n’ai jamais été tout blanc alors je ne jugerai pas le fond. J’espère juste que ce cher Bertrand traitait dans des niches pas trop crades (ça reste subjectif).

Par contre ces deux billets m’interpellent et j’ai l’impression qu’il manque également une part de sens dans ces deux parcours qui pourtant m’inspirent aussi…

Droit de réponse accepté et souhaité bien évidemment !

PS : je n’ai pas tout raconté mais d’autres exemples dans mon entourage sont tout aussi marquants.
PSS : on a l’impression que je vais mal mais je vais bien et je ne voterai jamais FN, soyez-en rassuré 😉

Rédigé par Victor Lerat

Consultant SEO Freelance depuis peu, j'ai testé l'agence durant trois années. J'ai aimé et beaucoup appris mais je suis parti. Aujourd'hui, j'accompagne des clients en référencement mais pas que ...

  • Thomas Cubel 11 décembre 2015 at 18:38

    Salut Victor,

    Ton article est super et tu te poses des questions qui rend notre métier passionnant (tu te remets en question) et ça permet aussi de voir que derrière ce blog, cet article, il y a de l’humain, plus que d’habitude du moins.

    Maintenant que tu as écris cet article, tu comprends peut-être un peu plus mon point de vue en ce qui concerne le financier et la facturation de mon travail (l’avis que peu de consultant partage aujourd’hui).

    Je suis passionné par ce que je fais, mais c’est pas la passion que tout le monde marque en description (de mon point de vue) sur Facebook, Twitter ou sur la page « à propos » de leur site.

    Mon travail a pour moi du sens car j’aide les uns et les autres à construire leur entreprise, mais aussi leur vie par la même occasion. Il y a du social, des relations humaines, etc.

    De plus, on apprend plein de chose. Tu travailles dans une thématique, même si tu ne l’as connais pas, si tu fais bien ton boulot et que tu t’ancres dans celle-ci, tu évolues toi même et souvent tu fais même évoluer celui ou celle pour lequel tu travailles, c’est juste génial.

    Ensuite, tu as tout l’aspect utilisateur, qui lorsqu’on fait du propre (et tu es bien placé pour le savoir vu qu’on partage le même avis), est fantastique car tu as l’impression d’aider chaque petite lumière de ce pays ou de ce monde dans la recherche d’une quête : une information, un service, ou autre.

    Tu as le mec qui recherche un restaurant près de chez lui, tu as la personne qui s’est brûlée et qui veut savoir quoi faire ou encore celle qui est au chômage qui veut trouver un moyen de s’en sortir.

    Je ne sais pas si j’ai vraiment trouvé un « sens » à ce métier, à ma vie, mais je sais où je vais, j’ai des ambitions, des connaissances qui évoluent et j’ai surtout énormément de choses qui m’arrivent et arrivent aux gens. J’en ai fini de rester dans l’aspect pur SEO, technique, financier et d’appliquer bêtement les trucs

    L’émission « Cauchemar en cuisine » est la remise sur pied d’un établissement hôtelier ou de restauration. En SEO, c’est la même chose sauf qu’on est pas que dans des restaurants. Si les gens aiment cette émission et regarder un mec faire le ménage alors que c’est ce que Philippe fait qui a du sens, pourquoi ce que tu fais n’aurais pas de sens ?

    Si ta réponse est toujours « non, ma vie n’a pas de sens », c’est peut-être que ce n’est même pas lié au SEO finalement. Je voulais être luthier avant d’apprendre qu’il n’y avait pas de boulot, mais je ferais cela quand j’aurais du temps pour moi. En attendant, j’ai la musique, les MJC qui sont en train de mourir, etc.

    A bientôt mon cher !

  • antoine 14 décembre 2015 at 13:59

    Excellent article et belle réflexion. Personnellement, je me la pose souvent et, effectivement, le SEO n’est pas selon moi très gratifiant. Bien sûr, aider ses clients à ranker et les voir contents fait plaisir mais il s’agit effectivement d’aider autrui à gagner plus d’argent. Bien qu’il soit possible de faire du SEO pour des causes à but non lucratif ou des services publics, c’est clair que ce n’est pas la majorité des cas.

    Mais ce constat peut-être fait pour d’autres métiers, le SEO est à égalité de bien d’autres et termes d’activité liée à l’argent.

    C’est la raison pour laquelle, en ce qui me concerne, je ne consacrerai pas toute ma carrière pro à faire du SEO ou une quelconque autre activité dont la seule portée finale est l’argent. Tout comme toi, j’admire les professions médicales, les éducateurs spécialisés et même les fonctionnaires (oui TOUS les fonctionnaires) qui servent l’intérêt général. C’est bien plus héroique que de faire du SEO ou du contrôle de gestion ;).

    En tant que jeune, je suis conscient de mon égoisme / individualisme et du sentiment d’insécurité dans laquelle notre génération a évolué ces dernières années, d’où le besoin de se construire un matelas confortable dans un premier temps, mais ça ne durera pas…

  • Laurent Bourrelly 14 décembre 2015 at 14:06

    Salut Victor,

    Ben dis donc, c’est la période d’introspection en ce moment chez le SEO.
    Merci pour la citation 🙂

    Je ne suis pas du tout essoufflé, mais plutôt un peu nostalgique. Aujourd’hui, tout est stabilisé dans le search.
    On sait ce qu’il faut faire et Google ne va pas évoluer beaucoup plus. En tout cas pour le moteur dans sa version desktop.
    Il y a tout le reste encore à explorer, mais ça ressemble plus à du marketing classique qu’au SEO qu’on a connu au début.

    Concernant le sens de la vie, on a la chance d’être passionné et c’est déjà énorme.
    On ne va pas non plus demander au boulot de te transcender dans la quête du bonheur.

  • Victor Lerat 14 décembre 2015 at 14:17

    Merci pour ton commentaire Laurent. En fait la réponse était dans mon article. Je ne dois pas attendre de mon boulot de m’apporter tout, c’est ce que tu résume dans ta dernière phrase.

  • Johan 14 décembre 2015 at 17:05

    Victor, je me retrouve totalement dans ce que tu dis.

    Ma vision du truc, qui tient davantage du questionnement à haute voix que de l’avis pleinement réfléchi et structuré :

    Il me semble évident que la plupart de nos choix sont motivés par la pure nécessité/ la contrainte sociale (dont on n’a pas toujours conscience d’ailleurs), bien plus que par la passion stricto sensu. Même si, paradoxalement, la quasi-totalité des gens du web et du marketing se définissent invariablement comme des passionnés. Sincèrement, qui n’a jamais mis « passionné » dans son cv ou sa bio twitter ?

    (Petite digression à deux balles) À en croire d’ailleurs que c’est devenu un lieu commun d’être passionné pour légitimer le fait de bosser dans le web. Comme si un maçon avait besoin de se déclarer « passionné de maçonnerie » pour construire une maison dans les règles de l’art… (Fin de la digression à deux balles)

    En discutant avec certains « passionnés du web », il n’est toutefois pas rare de déceler au moins une légère pointe de désarroi ou d’amertume en filigrane, parfois maladroitement cachée derrière un paravent de cynisme. On aime le web, mais on y bosse bien trop souvent pour des raisons qui vont à l’encontre de nos aspirations profondes. On aime le web parce qu’on n’est finalement pas parvenu à devenir cosmonaute ou vétérinaire. On bosse dans le web, mais on aurait bien aimé ne pas avoir à passer la moitié de sa journée à parler argent ou à faire grossir un monstre déjà prêt à exploser.

    Je ne doute toutefois pas qu’il existe d’authentiques passionnés dans le milieu, mais ils doivent être bien rares en vérité. Vous me direz, ce doit être la même chose dans la plupart des autres secteurs d’activité. Si l’aspect financier n’entrait pas en ligne de compte dans nos choix de vie, que serions-nous en train de faire actuellement, d’ailleurs ?

    Quant à nous « autres » ; SEO, traffic managers, rédacteurs, développeurs, spécialistes marketing, « passionnés parce qu’il faut bien manger », nous qui essayons tant bien que mal de ne pas sacrifier notre santé mentale sur l’autel de la rentabilité… j’ose tout de même espérer que cette « nécessité » qui nous pousse à nous lever chaque matin n’est qu’illusion, et que vient un stade dans la vie (le courage ?) où l’intérêt général ou l’éthique deviennent notre seul gouvernail. Naviguer sur d’autres eaux, tout en continuant à faire du web, c’est possible, ça ?

    Finalement, comment trouver un sens à son métier ? Je ne sais pas. Peut-être en changeant radicalement de cap ; peut-être en continuant à faire ce qu’on fait, tout en essayant de faire toujours mieux, d’une manière plus éthique ou que sais-je encore ?

    Pendant que j’écris ça, j’ai en tête l’image persistante de ces ex-banquiers/traders/businessmen qui virent leur cuti « par dégoût du système » pour finalement embrasser des causes humanitaires ou environnementales après une profonde prise de conscience. Reste une question essentielle : Le bateau de nos aspirations a-t-il nécessairement besoin d’un matelas d’oseille bien dodu pour ne pas prendre l’eau ?

  • Thomas Bart 14 décembre 2015 at 18:31

    Salut Victor,

    Je pense que la vraie question est plutôt « Quel sens veux-tu donner à ta vie ? »

    Chacun a une réponse différente. Certains ne vivent que le pognon (j’en connais). Qu’ils soient black hat ou commerciaux, ils s’en foutent. Le fric, ça les fait bander. D’autres, c’est leur famille. D’autres, c’est le loisir.

    L’important est de découvrir le « pourquoi » et le « quoi » qui donnent sens à ta vie.

    Visiblement, tu ne sembles pas de trouver de sens à ta vie.

    Eh bien, tu as de la chance. Car plein de gens ne se rendent pas compte. Car aujourd’hui, tu as la chance de pouvoir changer.

    Trouve la réponse à cette première question « Quel sens veux-tu donner à ta vie ? »

    Trouve le truc qui te fait bander. Ferme les yeux 5 minutes, imagine la situation dans 5 ans qui te donnera le sourire tous les matins.

    Chacun a sa propre définition du succès. A ce propos, lis la réponse de la femme d’Elon Musk sur la notion de succès. https://www.quora.com/How-can-I-be-as-great-as-Bill-Gates-Steve-Jobs-Elon-Musk-and-Richard-Branson

    La question suivante : « Quel ajustement faire pour améliorer la situation ? »

    Si le boulot de SEO est compatible, tant mieux. Sinon, quelles sont les étapes pour y parvenir ?

    Bon courage pour la suite mais sache que tu as de la chance. Car certains se rendent compte de ce problème à 60 ou 80 ans. Et la seule chose que tu ne pourras jamais acheter, c’est le temps perdu.

    Good luck 🙂

  • Sébastien Sabattini 14 décembre 2015 at 19:54

    2 bémols à ces questions que se pose à un moment ou un autre tout SEO.
    1- La partie face semble bien triste mais la partie pile est rayonnante.
    2- Heureusement, notre métier n’est pas notre vie.

    Tu exposes Victor les côtés négatifs de notre métier mais quid des bons :
    Qui gère sa vie comme il l’entend ?
    Qui peut travailler du Bassin d’ Arcachon ou du Maroc, de Guadeloupe ou de Thaïlande ? De chez lui ou d’un hôtel ?
    Qui peut exercer un métier aussi passionnant et original où l’on est UTILE à un chef d’entreprise ? (à la fois technicien, chercheur, professeur et commercial)
    Qui peut choisir ses secteurs d’activités pour donner du sens à son travail ? Par exemple, je travaille pour une agence de voyage, je ne permet pas uniquement la vente de plus de forfaits mais je rends possible à des familles françaises de partir dans un voyage magique de l’autre côté de la planète …

    Et puis, comme je le disais, notre métier n’est pas notre vie, à la mesure que l’on souhaite, il représente un certains nombre d’heures suffisantes pour gagner assez d’argent pour vivre la vie que l’on a rêvé. Besoin de luxe ? il te faudra investir 15 heures, envie de vivre ses passions annexes (écrire un livre, voyager, faire du sport, etc) ? Quelques k suffisent par mois … soir très honnêtement, quelques heures à peine de travail.

    Je termine par la note encore plus positive : pour ne pas être un escroc, il suffit de faire plus gagner d’argent à nos clients qu’ils n’en dépensent dans nos prestations. Soyons clair, même un mauvais SEO s’il ne se laisse pas entraîner par le chant des sirènes peut atteindre aisément cet objectif parce que le monde du web des entreprises en France est encore sous-référencé et que les lois de Google ne sont plus si opaque que cela.

    Nous avons donc un métier super libre, qui nourrit nos familles, utile et qui n’est pas près de mourir…

    Pour moi, tout cela à du sens.

    S.

  • Le juge 14 décembre 2015 at 21:48

    Ola mais dis donc …. C’est effectivement la periode de l’introspection dans la seosphere. A mon avis pour le moment tu te poses ces questions parce que tu es encore jeune. Attends de te poser un peu et de devoir prendre certaines responsabilites pour autre chose que pour toi meme.

    Tu verras la vie de « famille » au sens – ta famille – ca recentre pas mal de choses dans la vie – alors j’ai conscience du cliche hein … ca fait un peu vieux con de dire … tu verras quand tu auras des momes… bla bla bla mais … c’est vrai… ca recentre tout un mome ca remet tout en perspective, absolument tout.

    Apres t’es pas oblige non plus de trouver le sens de ta vie dans ton taf … non plus … meme maintenant… il suffit de se donner les moyens de ses envies quelque part… bonne chance dans tes recherches en tout cas.

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Victor Lerat

Victor Lerat - Consultant SEO

Consultant SEO à Nantes, je forme et conseille une clientèle qui souhaite développer une activité sur le web. En parallèle, je développe mes propres sites web.

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